PARTICIPEZ
A UNE EXPOSITION B.D. ET A UN OUVRAGE
AUTOUR DES EXPRESSIONS POPULAIRES !
Du
16 janvier 2007 au 5 mai 2007
Le principe : Choisir une expression populaire dans la liste jointe, l’interpréter
librement en images afin de réaliser une planche de bande dessinée.
REGLEMENT
ARTICLE
1 – Le contexte
Prolonger
l’événement carnaval 2007 dont le thème est
la bande dessinée. Les réalisations seront exposées
dans des lieux publics de la ville, puis imprimées sous forme de
recueil. Celui-ci sera distribué aux participants gratuitement.
ARTICLE
2 – Modalités de participation
La
participation peut être individuelle, collective, associative. Il
est possible d’illustrer autant d’expressions qu’on
le souhaite, mais chaque expression sera le sujet d’une planche.
Les planches de bandes dessinées doivent parvenir à Espace
Jeunes au plus tard le samedi 5 mai 2007.
Contact : Espace Jeunes avenue Jean Béranger 78160 Marly Le Roi
– 01.39.16.30.56. - g.cardin@laposte.net
ARTICLE
3 – Les supports / les formats
Les
planches de dessins peuvent être réalisées au choix
sur papier ou par informatique.
Support papier : format A4 ; 21 x 29,7 cm
Support
informatique : en jpeg ; qualité maximum ; résolution 300
dpi ; en A4 21 x 29,7 cm
Les
projets présentés pourront être en noir et blanc ou
en couleur – technique libre.
ARTICLE
4 - Identification de la réalisation
En
l’absence de titre, l’expression choisie devra être
mentionnée à part, ainsi que les coordonnées de l’auteur
: nom, prénom, adresse, téléphone et adresse mail.
ARTICLE
5 - Diffusion des œuvres
Lors
de l’exposition, Espace jeunes se réserve un droit de sélection.
Par ailleurs, en fonction du nombre et de la nature des œuvres reçues,
seule une compilation des travaux sera imprimée sous forme de livret.
ARTICLE
6 - Restitution
Les
originaux pourront être restitués après l’exposition,
en se présentant à Espace Jeunes, au plus tard le vendredi
27 juillet 2007.
ARTICLE
7 - Assurances
Concernant
les œuvres originales qui nous seront confiées, les organisateurs
déclinent toute responsabilité en cas de vol, de perte ou
de détérioration de toute nature.
ARTICLE
8 – Droits d’exploitation
Les
participants autorisent l’association Espace jeunes à utiliser
les œuvres comme elle l’entend, mais uniquement dans le cadre
de cette manifestation.
EXPRESSIONS
COLOSSE
AUX PIEDS D’ARGILE
Se
dit de ce qui est gigantesque, mais vulnérable malgré les
apparences, et notamment d’une organisation, d’un Etat, etc.
L’expression fait allusion à un passage de la Bible où
il est question d’une statue de métal qu’une pierre,
brisant l’argile dont les pieds étaient faits, suffit à
détruire. La variante colosse d’argile est moins expressive,
car elle omet l’idée essentielle : il suffit d’un élément
fragile dans le support, la base, pour rendre inutile la solidité,
la force des autres parties.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
PRENDRE
DES VESSIES POUR DES LANTERNES
Se
tromper grossièrement.
Sous cette forme, l’expression date du XIXe siècle ; elle
altère une locution très ancienne : vendre vessie pour lanterne,
faire de vessies lanternes, rendre vessies pour lanternes…
Selon P. Guiraud, la clé n’est pas dans la confusion entre
deux objets si différents (en fait, au XIIIe siècle, une
vessie de porc gonflée d’air et une lanterne ronde étaient
bien similaires), mais dans les valeurs métaphoriques de vessie
et de lanterne.
Au XVIe siècle, et sans doute bien avant, des lanternes ce sont
des « absurdités, des balivernes » ; un lanternier,
donc un vendeur de lanternes était un « raconteur de balivernes
».
Quant à vessie, il faut noter la parenté avec l’ancien
mot vessée (le vent). Le verbe vessier ou vescier, signifiait «
faire gonfler », ou « gonfler comme une vessie » ; vessée
est donc l’air qui gonfle la vessie et vendre la vessée,
c’est vendre du vent.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
PRENDRE
(RAMASSER, REMPORTER) UNE VESTE
Subir
un échec.
La plupart des commentateurs expliquent cette expression à partir
de la locution être capot « être ruiné, vaincu
», empruntée aux jeux de cartes, d’où capote
« coup par lequel on fait un adversaire capot », qui, confondu
avec son homonyme, a permis le glissement à veste. Prendre une
capote n’est pas attesté, mais l’explication est vraisemblable
et plaisante. Prendre une veste a d’abord voulu dire « échouer
aux élections », mais s’est rapidement étendu
à d’autres contextes.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
COTE COUR ET CÔTE JARDIN
Côtés
du théâtre situés, respectivement à droite
(cour) et à gauche (jardin) du spectateur.
Ces termes d’argot des comédiens (vers 1820) se sont répandus
dans la langue courante. Ils font référence à l’orientation
du théâtre des Tuileries, placé entre le jardin et
la cour du palais.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
C’EST LE CHIEN DE JEAN DE NIVELLE QUI S’ENFUIT QUAND ON L’APPELLE
Cette
locution proverbiale, attestée au XVIIe siècle s’emploie
à propos de quelqu’un de peu complaisant ou d’insaisissable,
qui se dérobe quand on a besoin de lui.
D’après la tradition, Jean de Nivelle, sollicité par
son père Jean II de Montmorency pour aider Louis XI alors en guerre
contre le duc de Bourgogne, se serait soustrait aux sommations de son
père qui l’aurait, par représailles, déshérité.
L’appellation de chien désigne donc Jean de Nivelle. La syntaxe
normale serait : « c’est ce chien de Jean de Nivelle qui…)
La locution est en général comprise comme s’appliquant
au chien désobéissant d’un maître sans autorité.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
DANS LA PANADE
«
Dans la misère ; dans une situation inextricable ».
Métaphore relativement récente (1878) d’après
la consistance épaisse, pâteuse de la soupe au pain ; cf
les emplois analogues de purée, etc.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
CHANTER LA PALINODIE
«
Se désavouer, renoncer honteusement à son opinion ou revenir
sur ce qu’on a fait ».
Attestée en 1595, cette locution utilise la valeur étymologique
de palinodie « chant repris sur un autre ton » (de palin :
à l’envers, de nouveau), mot d’usage très littéraire
en français, repris récemment dans le discours journalistique,
à propos de politique.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
CRUCIFIX A RESSORT
«
Pistolet ».
L’expression date de la fin du XVIIIe siècle, en langage
poissard. Le pistolet est brandi comme le crucifix par le prêtre
; le ressort est celui du chien de fusil.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
AVOIR UN CŒUR D’ARTICHAUT
«
Un cœur inconstant ».
Un cœur d’artichaut se dit d’un amoureux volage. L’expression
utilise le sens du mot cœur : « partie centrale des végétaux
». Le sens évoque les feuilles multiples qui se détachent
du cœur (du fond) de l’artichaut. La forme développée
et proverbiale en était : « cœur d’artichaut,
une feuille pour tout le monde ».
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
BAYER AUX CORNEILLES
«
Regarder en l’air, rester sans rien faire ».
Le
verbe bayer est une variante de béer.
En français, béer ou bayer signifient « avoir la bouche
ouverte ». La bouche bée dénote l’ébahissement,
l’étonnement niais.
Corneille représente au XVIe siècle un « objet insignifiant,
sans importance », tant lorsque le mot désigne l’oiseau
(voler pour corneille, terme de fauconnerie, signifie chasser un gibier
sans valeur), que lorsqu’il désigne le fruit du cornouiller
(la cornouille = des nèfles !).
Bayer aux corneilles signifie donc « ouvrir niaisement la bouche
en contemplant une chose aussi insignifiante que l’est la corneille
pour le chasseur ou la cornouille pour l’amateur de fruits.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
AU TEMPS POUR LES CROSSES ! ou AUTANT POUR MOI !
«
Autant pour moi ! », « je me suis trompé ». Provient
d’une confusion avec au temps ! ordre militaire.
Autant (ou au temps) pour les crosses ! « C’est à refaire,
il faut recommencer ! ».
Formule militaire proférée par l’instructeur lorsque,
pendant le maniement des armes, le mouvement et le bruit des crosses de
fusil ne sont pas simultanés.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
FAIRE GREVE, ETRE EN GREVE
«
Cesser volontairement le travail pour obtenir quelque avantage ».
Grève, dans cet emploi, est complètement lexicalisé,
mais il s’agit bien à l’origine d’une locution.
Elle évoque la place de Grève, à Paris, au bord de
la Seine (sur l’emplacement actuel de l’ Hôtel de Ville),
où les ouvriers en chômage avaient coutume de se rassembler.
L’expression avait d’abord le sens d’être sans
travail.
L’une des premières attestations au sens moderne paraît
se situer au début du XIXe siècle : « les travailleurs
de pierre ont décidé entre eux, de faire, demain lundi,
ce qu’ils appellent « grève », c’est-à-dire
de quitter l’ouvrage pour demander de l’augmentation ».
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
GRENOUILLE DE BENITIER
«
Bigote ».
Généralement rapprochée de l’expression synonyme
punaise de sacristie. La grenouille n’est pas évoquée
ici sans allusion aux valeurs de dérivés comme grenouiller
; l’idée de bavardages, cancans… est liée au
coassement.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
DE BON (MAUVAIS) POIL
«
De bonne (mauvaise) humeur ».
Est à rapprocher de changer de poil « changer d’attitude,
de caractère », attesté au XVIe et au XVIIe siècle.
On trouve aussi en moyen français, avoir la queue marquée
de mauvais poil pour « être de mauvaise humeur » qui
est peut-être à l’origine de l’expression moderne.
A noter que poil, dans certains dialectes, désigne la personne,
avec une valeur péjorative : un mauvais poil, à Neuchâtel,
c’est un garnement.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
AVOIR UN BŒUF SUR LA LANGUE
«
Garder un silence obstiné, avoir quelque chose qui empêche
ou retient de parler ».
Image tirée du grec, par le latin : à l’origine, de
la locution proverbiale grecque, le bœuf mis sur la langue est la
pièce de monnaie marquée d’un bœuf qui paie le
silence.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
COINCER
LA BULLE
«
Se reposer ; rester sans rien faire ».
L’expression vient de l’argot militaire, et fait allusion
à l’aboutissement du travail de mise en place de la plaque
de certaines armes lourdes (mortiers) dont l’horizontalité
est vérifiée par un niveau dont la bulle doit être
placée (coincée) entre deux repères.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
MANGER DE LA VACHE ENRAGEE
«
Mener une vie de dures privations »
Littéralement, être dans un tel état de dénuement
et de faim qu’on en est réduit à manger de la viande
de bêtes qu’on a tuées par raison d’hygiène
(bêtes malades).
On a pu passer de l’idée de « consommer de la viande
malade » à cette expression par emploi d’un adjectif
qui désignait la vie difficile.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
S’EN ALLER (PARTIR) EN BRIOCHE
«
Se défaire (comme une brioche peut s’émietter) ».
Cette expression qui exprime l’échec reprend un emploi figuré
de brioche « maladresse, faute ».
Le sens vient de ce que les musiciens de l’Opéra de Paris
avaient établi une caisse d’amendes, pour les fautes commises
pendant la représentation, les sommes réunies servant à
acheter une brioche que l’on mangeait en commun.
Dictionnaire des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
FANNY
– EMBRASSER (BAISER) FANNY
Ce
nom a été donné au début du siècle
à un panneau de bois représentant une femme exhibant son
postérieur, et que les joueurs de boules perdants devaient «
baiser ». Le choix du prénom est obscur.
Embrasser Fanny, aux boules et, par extension aux autres jeux, c’est
perdre la partie sans marquer de point.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
MENER UNE VIE DE BÂTON DE CHAISE
«
Une vie désordonnée ou trop agitée ».
La métaphore a son origine dans les bâtons de la chaise à
porteurs, qui menaient une vie itinérante et secouée, étant
soulevés, posés, tirés, pour dégager la porte
de la chaise, remis en place, etc. L’idée initiale de «
déplacements incessants » a fait place à celle d’
« activité excessive » ou de « vie désordonnée
».
Une vie de patachon.
A l’origine un patachon était un conducteur de patache, mauvaise
diligence en usage au XIXe siècle. Un patachon menait donc, par
profession, une vie assez agitée.
Le sens métaphorique est celui de l’agitation, du mouvement,
avec toutes les connotations péjoratives d’une opposition
à la stabilité qui fonde la respectabilité bourgeoise.
Dictionnaire des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
LE HAUT DU PAVE
«
Une situation sociale supérieure ».
Employée avec tenir (1615), prendre (1680), disputer (XVIIe siècle),
l’expression désigne la partie du pavé qui est le
plus près des maisons, et qui était surélevée
par rapport au centre de la voie, enfoncé, et souvent lieu d’écoulement
des eaux sales.
Ce haut du pavé correspond à notre trottoir, et il est intéressant
de constater que, après la modification de la voirie, le trottoir
a cessé d’être valorisé pour donner lieu, au
contraire, à des emplois péjoratifs.
Dictionnaire des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
MI-FIGUE, MI-RAISIN
«
D’un air à la fois satisfait et mécontent ; ou à
la fois sérieux et plaisant ».
A l’origine (fin XVe siècle) l’expression moitié
figue, moitié raisin signifiait probablement « mêlé
de bon et de mauvais », mais certaines interprétations équivaudraient
à tant bien que mal ; ou moitié forcé, moitié
consentant.
Le rapprochement des figues et des raisins est traditionnel en ancien
français. Il s’agit des fruits secs que l’on mangeait
pendant le Carême et dont les uns (les raisins secs) étaient
plus prisés que les autres.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
A COR ET A CRI
«
En réclamant à grand bruit, avec beaucoup d’insistance
».
L’expression vient du vocabulaire de la vénerie depuis le
XVe siècle : à cry et a cor pour désigner la chasse
ou le moment de la chasse où l’on poursuit la bête
en sonnant du cor et en criant (on a d’abord dit : chasser de cor
et de bouche).
Depuis le XVIIe siècle, l’expression s’emploie surtout
avec des verbes désignant la parole : réclamer, protester…
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
ROULER SA BOSSE
«
Mener une existence vagabonde, aventureuse ».
Cette expression n’apparaît qu’au début du XIXe
siècle. Sa genèse est douteuse : il s’agit vraisemblablement
d’emplois métaphoriques de rouler (rouler sa vie, pierre
qui roule…) dont le sens s’est enrichi d’images concrètes
évoquant une démarche balancée (rouler les épaules…)
mais le choix de bosse comme complément de rouler est inexpliqué.
Rouler sa bosse c’est rouler (faire mouvoir) son propre corps, sans
allusion à aucune difformité, mais par utilisation de la
forme arrondie de la bosse.
Mais bosse a eu de nombreux sens figurés (se faire une bosse =
faire ripaille) et possède un sens maritime qui a pu donner lieu
à une allusion à la vie de marin (embosser = faire un cordage
à nœud).
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
DE CONSERVE
«
Ensemble, de compagnie »
Il s’agit d’un terme de marine (naviguer de conserve) qui
signifie garder la même route, la vue du navire avec lequel on navigue.
En dehors du contexte maritime ou au moins du voyage, l’expression
a vieilli, bien que le Dictionnaire de l’Académie enregistre
en 1932 : agir de conserve. On dira dans ce cas : de concert et la paronymie
(la ressemblance) entre les deux mots invite à la confusion des
deux expressions.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
SE SOUCIER DE QUELQUE CHOSE COMME D’UNE GUIGNE
«
N’y attacher aucune importance, s’en moquer ».
La locution signifie littéralement « se soucier de quelque
chose comme d’une cerise », c’est-à-dire «
pas du tout ».
Une guigne est une variété de cerise.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
L’ARGENT N’A PAS D’ODEUR
«
Peu importe la provenance de l’argent gagné, même si
les moyens employés sont déshonorants ou honteux, voire
malhonnêtes.
Vespasien (69-79) fut l’un des empereurs les plus aimés des
Romains. On ne lui reprochait guère que son amour de l’argent,
qui se traduisait notamment par l’alourdissement de la pression
fiscale. Il est vrai que les caisses de l’Etat étaient vides
à causes des dépenses « abracadabrantesques »
de l’empereur Néron, à qui il avait succédé.
Selon Suétone, son fils Titus lui reprocha un jour d’avoir
imaginé une taxe sur l’urine, qui était recueillie
par les teinturiers pour blanchir les tissus. Quand Vespasien eut touché
les premiers revenus de cette taxe, il mit sous le nez de Titus une pièce
et lui demanda si l’odeur le gênait. Comme Titus lui répondit
que non, Vespasien lui dit : « Pourtant, elle sort de l’urine
! ».
A cause de cette anecdote, le nom de l’empereur fut donné
aux premiers urinoirs publics aménagés à Paris au
début du XIXe siècle, les « vespasiennes ».
La
cuisse de Jupiter
Bernard Klein - librio
MORT AUX VACHES !
Sur
les guérites des gardes-frontières allemands était
écrit en grosses lettres un Wache (garde en Allemand) prompt à
décourager toute tentative d’incursion en Allemagne.
Peu avant la Première Guerre mondiale, les Français qui
habitaient à la frontière allemande, firent alors la confusion,
en un temps où les deux pays voisins ne s’aimaient pas beaucoup.
La wache devint bientôt vache et l’on ne se priva pas dès
lors d’apostropher les plantons de Guillaume II en ces termes.
Tout au long du XXe siècle, on utilisa plus volontiers l’expression
pour insulter les agents de police et de gendarmerie.
Petit
dictionnaire des expressions nées de l’Histoire
Gilles Henry – Tallandier
A BRÛLE-POURPOINT
«
Brusquement, sans prévenir ou sans préparation (en parlant
de la parole et des actes) ».
La métaphore vient de tirer à brûle-pourpoint (1648),
synonyme imagé de à bout portant, qui évoque une
telle proximité que la poudre du coup de feu brûle l’habit
de la victime.
La métaphore utilise d’abord l’idée d’efficacité
(blesser ou tuer) puis de soudaineté, de surprise.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
TRAVAILLER AU NOIR
«
Activités -salariées ou non- exercées de manières
occultes en violation de la loi. Travailler sans être fiscalement
déclaré ».
Travailler au noir trouve son origine au Moyen Âge. A cette époque,
le travail était réglementé de telle manière
qu'il ne soit effectué qu'à la lumière du jour. Or,
certains maîtres faisaient travailler leurs employés le soir
à la lueur des chandelles, ceci dans un souci de rendement optimum
et sans grande considération pour le bien-être des ouvriers
ni pour le risque d’incendie.
Cette pratique étant interdite par la loi, ce labeur illicite s'appela
travailler au noir en raison du contexte.
http://www.mon-expression.info/
DESHABILLER SAINT PIERRE POUR HABILLER SAINT PAUL
«
Prélever d’un côté pour parer à un besoin
ailleurs ».
L’expression (début XVIIe siècle) viendrait de la
parure des statues des saints : les églises pauvres ne pouvant
posséder de vêtements et d’ornements pour chaque fête
de saints, le même ornement servait à saint Pierre et à
saint Paul.
L’usage de vêtir les statues existait encore en France au
début du XIXe siècle et a survécu en Italie et en
Espagne.
On emploie encore l’expression sans saint, et avec des verbes plus
abstraits : prendre à Pierre pour donner à Paul.
Dictionnaire des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
PRENDRE
LA POUDRE D’ESCAMPETTE
«
Filer, s’enfuir ».
Escampette, qui n’est employé que dans cette locution, est
un diminutif de escampe « fuite » (XVIe siècle), du
verbe escamper (XIVe siècle) ; faire escampe et escamper étant
des termes familiers.
La poudre en question est généralement interprétée
comme celle qui explose (et fait fuir), mais il pourrait s’agir
de la poussière soulevée par une course rapide.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
EN CINQ SEC
«
Rapidement et efficacement ».
L’expression numérique de la rapidité d’action
utilise les plus petits nombres premiers : deux, trois et cinq, cf En
deux temps trois mouvements ; en deux coups de cuillers à pot.
Dans en cinq sec, « sec » est adverbe ; le terme vient du
jeu de cartes. Jouer une partie d’écarté en cinq sec,
c’est la jouer en cinq coups et faire cinq points sans en perdre
un seul, c’est-à-dire gagner aussi rapidement qu’il
est possible. L’expression a pris sa valeur métaphorique
vers la fin du XIXe siècle.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
REMETTRE OU RENVOYER AUX CALENDES GRECQUES
«
Remettre à une date impossible, c’est-à-dire à
jamais ».
L’expression a été inventée, selon Suétone,
par l’empereur Auguste, pour qualifier les mauvais débiteurs
qui promettent de rembourser leurs dettes aux calendes grecques. Elle
contient en effet une contradiction : le mot calendes (calendae) désigne
le premier jour de chaque mois dans le calendrier romain, mais il n’existe
pas, sous ce nom, dans les calendriers grecs.
Il n’y a donc pas de « calendes grecques).
On utilise souvent cette expression pour signifier remettre à une
date indéterminée ou très lointaine. Mais en fait,
reporter quelque chose aux calendes grecques signifie la reporter au jour
où « les poules auront des dents »…
La
cuisse de Jupiter
Bernard Klein - librio
TOUCHER LE PACTOLE
«
Gagner ou obtenir une énorme fortune ».
Le Pactole est une rivière de l’Ouest de l’Asie Mineure
connue pour ses sables aurifères et elle fit la richesse du fameux
roi de Lydie, Crésus.
On racontait dans l’Antiquité que cet or venait du roi légendaire
Midas. Celui-ci avait donné l’hospitalité à
Silène qui s’était égaré. En récompense,
Silène lui promit de réaliser un vœu : le roi souhaita
transformer tout ce qu’il touchait en or. Ce qui fut bien le cas,
mais vraiment tout ce qu’il touchait, y compris la nourriture…
Menacé de mourir de faim, il obtint d’être relevé
de son vœu. Pour cela, il dut se laver dans le Pactole qui, depuis,
charrie de l’or.
La
cuisse de Jupiter
Bernard Klein - librio
UN VANDALE
«
Une personne qui détruit volontairement de belles choses ».
Vient du nom du peuple des Vandales qui, après avoir envahi l’Empire
romain en 407, créèrent un puissant royaume en Afrique du
Nord. Leur mauvaise réputation vient du pillage mémorable
qu’ils firent à Rome en juin 455, sous la conduite de leur
roi Genséric, au cours duquel ils pillèrent la ville pendant
quinze jours contre la promesse de ne mettre personne à mort.
Contrairement au sens actuel de vandale et vandalisme, ils ne détruisirent
rien par hostilité contre l’art, mais il est vrai qu’ils
ne respectaient rien.
La
cuisse de Jupiter
Bernard Klein - librio
VOUER
AUX GEMONIES
«
Condamner quelqu’un ; le maudire ».
Les Gémonies sont à Rome les « escaliers des gémissements
». Ces escaliers montaient du forum vers le sommet de la citadelle
du Capitole et longeaient la prison publique. Les cadavres de certains
condamnés à mort y étaient exposés, en particulier
lors des guerres civiles, avant d’être jetés dans le
Tibre. Il s’agissait ainsi de priver les condamnés de sépulture
et de les expulser totalement de la cité, comme des maudits, ce
qui était considéré par les Romains comme plus grave
que la mort elle-même.
Aujourd’hui, en français, l’expression a perdu un peu
de sa force et ne signifie souvent qu’accabler quelqu’un de
reproches et ne va plus jusqu’au vœu de voir son cadavre exposé…
La
cuisse de Jupiter
Bernard Klein - librio
EMINENCE GRISE
«
Conseiller secret, personnage qui influence secrètement les décisions
prises publiquement par d’autres ».
C’était le surnom du père Joseph (François
Joseph du Tremblay), ministre occulte des Affaires Etrangères de
Richelieu.
Assimilé à Richelieu (l’éminence), il s’en
distingue par un adjectif à la fois concret (la robe grise) et
métaphorique (sa personnalité est couleur de muraille).
L’image populaire de l’histoire secrète a fait du père
Joseph un personnage type et de son surnom un nom commun.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
ETRE DANS LES CORDES DE QUELQU’UN
«
Etre de sa compétence ». Le sujet désigne une chose,
un type d’activités.
Se rattache selon les dictionnaires, aux cordes vocales et signifierait
donc : être dans le registre vocal de quelqu’un.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
LE JEU N’EN VAUT PAS LA CHANDELLE
«
Cela ne vaut pas la peine, les frais engagés ».
L’expression ne pas valoir la chandelle « ne pas valoir la
peine », date du XVIe siècle. Le jeu en question est à
l’origine « toute activité où l’on a besoin
de s’éclairer » (jeu de cartes, probablement avec allusion
implicite à l’enjeu).
L’expression est renversée de façon à lui faire
dire : les frais, la peine à prendre ne valent pas le résultat.
Dictionnaire
des Expressions et locutions
Alain Rey et Sophie Chantreau – Le Robert
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